Pensées circulaires ꧂

Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Je me découvre plein de personnalités, en absorbant celles des autres...

Parfois, je me trompe de personne. Ou plutôt, de personnalité.
J'utilise celle que j'ai associée à quelqu'un d'autre, avec la mauvaise personne. Et parfois, même souvent, ça se passe mal.

Je suis faite de fragments de plusieurs personnes. De beaucoup de personnes, même.

Alors parfois, je me demande : et si ma vie n'était qu'une illusion ?

J'ai peur de ma personnalité blagueuse, parce qu'elle ne connaît pas les limites. Elle ne comprendra jamais si elle a blessé quelqu'un. Elle est énervante.

Ma personnalité sérieuse, elle, me laisse seule quand elle prend le dessus. Personne ne l'aime. Ma propre mère la déteste.

Y'a aussi l'écoutante. Sauf qu'on dit qu'elle parle comme Chatgpt très souvent.

Celle d'un de mes potes lui ressemble un peu, mais avec davantage de blagues.

Puis il y a ma personnalité triste.
Je boude. Littéralement.

Il y en a une autre qui est insupportables et qui veut crever. Celle-là, je ne la contrôle absolument pas.

Et puis il y en a d'autres, mais elles reviennent moins souvent.

Parfois, je relis ce que j'ai écrit et je ne me reconnais pas. Parfois, je ne me souviens même plus d'une parole que j'ai prononcée ou d'une action que j'ai faite récemment.

Il m'arrive de regretter ce que << l'autre >> a dit.
Souvent, tout devient irréel.

J'ai l'impression d'être une âme fragmentée, comme si j'étais composée de morceaux de personnes que je connais, mais qui ne sont pas ''moi''
Un peu comme plusieurs puzzles mélangés.

Et au milieu de toutes ces pieces, j'essaie de trouver quelque chose qui serait vraiment moi.

Mais...
Qui est << moi >> ?
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Ah oui, j'oubliais...
Aujourd'hui je me suis retrouvée dans la même pièce que ''il''...
Sur ce lit ...
. . .
J'ai juste arrêté de respirer et je me suis forcée à ne surtout pas croiser son regard... Et j'ai légèrement dissocié...
Il est resté longtemps à me fixer et a fini par partir sans me faire de mal.
J'aimerais tellement...qu'il s'en aille...
C'est bien la seule personne que j'aimerais voir disparaître.

J'ai pas eu le courage de donner cette lettre à mes parents.
Je m'estime chanceuse pour cette fois.
Mais quand est ce que les mots sortiront ?
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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18 ans.
L'âge que beaucoup attendent.
Pour prendre leur indépendance, échapper un peu à la pression.
Pour avoir leur bac, entrer à la fac, commencer enfin à vivre comme ils l'entendent…
Pour certains, 14 ans, c'est le début de l'adolescence. La fin de l'enfance.
Alors, peut-être, la fin du début.

Moi, j'y suis indifférente.
Ça ne marque que le début de la fin.
4 ans.
Une de plus, une de moins. Qu'importe.
On est huit. La différence ne devrait même pas se faire sentir.
Et puis… quand tu es majeur, tout le monde s'en fout.
Une courte enquête, quelques questions, puis plus rien.
Tu entres dans les statistiques.
Tu deviens un chiffre parmi d'autres.
Est-ce qu'on me pleurera ? J'en doute.
Ils auront même la flemme de se déplacer.
Et puis, ils ont honte de moi.
Je suis, en quelque sorte, le mouton noir de la fratrie.
Alors ils seront peut-être heureux.
Pourquoi pas ? Si ça peut les rendre heureux…
Après tout, ce n'est qu'une question de tic-tac d'horloge et de cases à cocher sur un calendrier.
Mais est-ce que Oli m'en voudra ?
Je crois bien que oui. Mais j'ai échoué. Une échouarde affublée d'un prénom de merde
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Cher journal.

Je suis un monstre.

Ce soir, je me suis battue avec ''lui''
Il était venu dans ma chambre et avait fermé la porte en me fixant.
Cette fois, je ne me suis pas figée.
Je l'ai regardé passivement.
''il'' s'est approché.
J'ai profité de l'occasion pour lui sauter dessus.
Normalement, il aurait dû me jeter au sol. Le rapport de force était évident, mais je crois que la surprise a fait son effet. Je ne sais pas trop ce qui m'a pris.
Je ne sais même pas combien de temps on s'est battus. Je visais son visage. Lui visait mon ventre.

Le problème, c'est que je ne me défendais pas vraiment, je frappais surtout pour faire mal. Son nez saignait.

Et je ne me suis pas arrêtée.
J'ai aimé le voir souffrir.
J'ai aimé cette sensation de puissance.
Pour une fois, le sang et la souffrance n'étaient pas les miens.
Pour une fois, c'était quelqu'un d'autre qui avait mal.
Alors j'ai continué, encore et encore.
J'ai aussi reçu des coups, évidemment. Mon ventre me fait encore mal.
Finalement, mes parents nous ont séparés et réprimandés.

Et pourtant...Bon sang.
Qu'est-ce que j'étais fière !
Fière de ma connerie....

Je voulais ne plus avoir peur, je voulais que ça s'arrête, je voulais reprendre un peu de contrôle sur ma vie. Je pensais avoir gagné, avoir repris ce qu'on m'avait pris.
Ma dignité, peut-être. Quelle illusion.
J'ai perdu, pas le combat.

D'ailleurs je ne regrette pas de l'avoir frappé. Non. Après ce qu'il m'a fait, je ne peux pas prétendre le regretter.
Ce que je regrette, c'est d'avoir apprécié ça.
D'avoir aimé cette sensation de pouvoir.
Et surtout, de ne pas m'être arrêtée quand j'aurais pu le faire.
Pendant quelques temps, j'ai ressemblé aux personnes que je déteste.

Le pire dans tout ça n'est pas d'avoir frappé, mais d'avoir aimé être celle qui faisait mal....
J'ai utilisé la douleur de quelqu'un d'autre pour apaiser la mienne
Ça me dégoûte.

Je hais ces personnes.
Je me hais de leur avoir ressemblé.
Alors qu'est-ce que ça fait de moi ? J'en sais rien.

Au final, je ne suis peut-être pas mieux.
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Pensée aléatoire :
J'aimerais bien être un chevalier qui sauve quelqu'un et qui meurt à la fin. Juste comme ça.

Je ne supporterais pas d'être la princesse. Je trouve son existence beaucoup trop passive, avec son éternel <<aaah, viens me sauver, gna gna gna>>

Je veux être un chevalier.
Moi, je veux faire quelque chose de concret dans ma vie, accomplir quelque chose, puis mourir en héros, une épée dans le dos. Voilà.

Et puis à cause de ces otites de merde qui me bouffent les tympans je risque d'entendre beaucoup moins (je suis déjà partiellement sourde), alors j'aimerais bien accomplir ça avant de le devenir. Autant mourir en héros pendant que j'entends encore, ce serait dommage de rater les applaudissements.
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Mais merde, j'en ai marre !

Je n'ai pas supprimé son dessin de merde !
C'est lui-même qui a choisi lesquels supprimer.

Et maintenant, ce serait ma faute ?!

Maintenant, je dois jeter les affaires ?!
''Je sais pas me mettre à la place des autres'' ?!
Mais il les a sélectionnées lui-même !

Quelle injustice…

Juste parce que ça te tient à cœur, tu ne veux même pas écouter ce que j'ai à dire ?
Et moi, alors ?

Mais merde, à la fin !
J'ai rien fait, moi !

J'ai simplement placé une photo dans la corbeille. Est-ce que ça valait vraiment la peine de jeter six mois de travail ?
Tous mes dessins ?
Vraiment ?

Et si, à chaque fois que tu faisais quelque chose qui me tient à cœur, je te rendais la pareille ?
Ça te plairait ?

Parce que là, j'ai vraiment l'impression que ce qui compte pour moi ne compte absolument pas.

Allez vous faire voir.
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Je crois que ce sont leurs mots qui font le plus mal.

Les coups, ce n'est rien.
Vraiment.
J'ai presque rien senti.

J'en ai pourtant reçu le plus.
Pas parce que je suis la plus âgée,
mais parce que j'ai le chapeau d'âne.

Mouton noir, tel est mon statut.

Et pourtant, je suis la seule à ne pas avoir pleuré sur le moment.

D'ailleurs, j'en ai envie.

J'ai une lourdeur dans la gorge,
quelque chose qui me déchire de l'intérieur.
Mais je ne peux pas pleurer.

Je dois être solide.
Un coup, puis deux.
Encore un autre.
Et encore.

Toujours avec le sourire, bien sûr.
Rire rendrait les coups moins douloureux.
Et puis je veux pas leur montrer que j'ai mal.
Quand on est chevalier,
on n'a pas le droit de verser des larmes.

Mes frères et sœurs étaient tendus.
Alors j'ai lancé une blague pour détendre l'atmosphère.
J'ai reçu leurs regards noirs.

Apparemment, j'ai gâché le couple de mes parents en naissant.
Elle disait ça pour rire, mais moi, j'ai eu mal. Je suis trop dramatique.

Pourquoi avoir dépensé autant d'énergie
pour sauver ce bébé prématuré, si c'était pour lui faire sentir, un jour, qu'il n'aurait jamais dû être là ?
Pourquoi m'avoir gardée à charge si ma présence vous pèse autant ?
Vous m'auriez aimée si j'avais été un garçon ?

Une autiste.
Trop crédule.
Trop tout.
Et jamais assez.
Je ne suis jamais assez pour vous.

Je ne vous demande pas de m'aimer davantage...
Je ne veux pas vous forcer.
Je voudrais juste être assez
Assez pour être aimée sans devoir le mériter.

Mais puisque même ça c'est trop demander...

Désolée.
(Wah je suis littéralement en train de m'excuser d'exister ? Eh bèh)
 
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Moustique_Philosophe

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Rien à voir, mais pourquoi, pour être acceptée, il faut souvent que je me ridiculise ? À croire que je dois m'humilier pour avoir ma place…

En vrai, ça fonctionne, oui… mais toujours à mes dépens. Et visiblement, tant que c'est moi qui encaisse, tout va bien.
Ptêtre que c'est juste comme ça que ça fonctionne...

Après, tu peux toujours aller pleurer dans ta chambre, toute seule.
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Casque sur la tête,
la musique à fond dans les oreilles.
Le monde, je vous emmerde.
Moi et mon casque sur la tête,
on ne fait plus qu'une seule personne.
Je disparais
dans mon imaginaire.
Toujours pas pleuré.
Mes yeux sont pourtant
à deux doigts de déborder.
Adolescente un peu trop dramatique.
Je suis ce qu'elle est.
Ma main tremble
face à la danseuse.
Le soleil traverse les rideaux,peint des ombres sur les murs.
Et à la maison, cette ambiance pesante
qui colle à la peau.

Alors je monte le son.

J'ai envie de fuir.
De partir loin d'ici,
loin de tout,
loin de moi-même.
Mais je reste là,
cachée derrière mon casque,
à faire semblant
que la musique suffit.
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Après les cris, une simple balade à vélo, dans les prairies, sur les sentiers.

Et Catherine.

Cette voisine qui se mêle de tout ce qui ne la regarde pas, qui frôle la vie parfaite avec ses deux enfants qui vont à l'école tous les matins comme des zombies et reviennent le soir prendre leur dîner.
Avec leur père.
Les vrais dîners de famille. Pas ceux où tu reçois des pluies de reproches. Pas ceux où les averses de colère remplissent ton esprit. Les vrais.
Pendant que nous, famille à problèmes, on sort de notre maison, mine de rien. On fait semblant que tout va bien, alors qu'à l'intérieur, les guerres s'enchaînent. Une à une.

Mes mains bleues.

Le visage en miettes.

Tel un miroir brisé.

Même moi, je mens.

Vous mentez tous.

Rien ne va, bande de menteurs.

MENSONGE !

J'avais envie de lui balancer ça à la figure, à cette chère Catherine. Mais à chaque fois, il est davantage question de protéger l'image que d'aller bien.
Alors non, Catherine. Ça ne va pas chez nous. Les bruits et les cris que tu entends sont réels. Ils ne viennent pas de ton imaginaire.

La vie parfaite vient de l'abstrait.
Le mot ''parfait'' est une mascarade.

Et celle qui tape dans ton mur, c'est moi.
Celle qui se penche un peu trop à la fenêtre, c'est moi.
La zombie que tu vois sortir, prendre ses rollers et avancer le regard vide, les yeux creusés, c'est aussi moi.
Promis je fume pas.
Je suis juste une insomniaque.
Une insomniaque qui passe devant les maisons la nuit.
Et non je n'ai pas de machette.
Oui, c'est moi, l'ombre qui traverse le quartier.
C'est moi dont tes enfants ont si peur quand ils regardent par leur fenêtre la nuit.
Je porte ce pull noir et ces baskets trop grandes pour moi.

La nuit est mon seul refuge.
Mon refuge de zombie.

Et vous, vous continuez à jouer à la famille parfaite.
Cette illusion que tout va bien chez vous.
Dites-nous la vérité : votre famille est parfaite ?
Ma vie est imparfaite ?

Alors arrêtez de mentir, s'il vous plaît.
Vendu du rêve.
 
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Moustique_Philosophe

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Le monde entier est un cactus.
On nous avait promis les fleurs, les printemps, les bras ouverts. On y découvre surtout les épines. Il faut sourire sans trop montrer qu'on saigne, et faire semblant que les blessures font partie du décor.

On se lève le matin avec des projets, pour se coucher avec des factures et des regrets, et la sensation d'avoir perdu une journée à essayer d'être quelqu'un qu'on nous force à être.

Le monde entier est un cactus,
On ne peut même pas s'assoir..
Même le bonheur à des conditions générales. Il s'agit de le mériter, souffrir pour l'apprécier, patienter pour l'obtenir puis s'inquiéter qu'il glisse de nos mains, tel une anguille. S'inquiéter de le perdre lorsqu'on l'a entre les mains.

Et l'amour ? L'amour est peut être le plus beau des cactus. On s'y approche en croyant trouver quelque chose de doux. On s'y pique. On recule.
Puis, parce qu'on est idiots ou simplement humains, on recommence.

Et on recommence. Parce qu'il faut bien.
Apparemment on appelle ça ''vivre''.

Le monde entier est un cactus, et il faut apprendre à s'assoir dessus. Sinon tu creves.

(J'avais juste besoin de déposer ça là.)
 
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Moustique_Philosophe

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Énième balade nocturne, en portant les baskets de zombie.
Les cheveux en bataille, les yeux dans le noir, telle une somnambule, je m'en allais en sortie.

Un pied dehors, le sol sentait la pluie.
Mais qu'est-ce qu'il fait froid cette nuit.

Et je le vis. Jonah, comme à son habitude, promenant son chien lui aussi. Fidèle à lui-même, capuche sur la tête. Dans le noir, je distinguais à peine ses yeux bleus.

Rapidement, j'abandonnai l'idée de ma promenade nocturne. Ce serait gênant de devoir lui parler...et puis j'ai sommeil moi...

Et il m'avait vue. Enfin, je crois.
Il m'a souri. Un petit sourire, presque rien. Comme il le fait à tous ceux qu'il croise.
Ptêtre qu'il m'avait simplement reconnue. Ptêtre qu'il souriait à autre chose. Je n'en sais rien.

Mais cette sensation dans le ventre...
 
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Moustique_Philosophe

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On avance un pion. Puis l’adversaire avance le sien.
Dans les cases bicolores, les personnages cylindriques avancent sans se demander pourquoi.

Silencieux, le joueur étudie la tactique et cherche une issue dans un jeu déjà perdu. Il mange son adversaire,une pièce après l’autre, sans joie ni colère, telle une statue de pierre.

Autour de lui, le vide grandit.
Chaque case gagnée ressemble pourtant à une défaite.
Il ne reste bientôt plus personne.

Seulement quelques pions immobiles,abandonnés sur l’échiquier.
Le joueur regarde la partie.
Il avance encore un pion, puis attend, mais plus personne ne joue.

Case noire, case blanche, triste de jouer alors qu'il n'y a plus personne en face.
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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J'ai reparlé à H, mon grand frère de cœur.

Ça m'a fait du bien, je crois.

Apparemment, on se demandait où j'étais. C'est pas si souvent que ça arrive, de savoir qu'on a été attendu quelque part.

Et puis c'est assez doux, au fond, de se dire que quelqu'un a pensé à nous. Même un peu, même de loin.
 
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Moustique_Philosophe

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J'avais oublié.
À quel point c'est drôle
d'être ridiculisée...
Mon accent.
Une de mes actions.
Ou simplement moi.
Tout peut être pris
pour se moquer de moi.

J'espère qu'ils se seront bien amusés
à me traiter de tout ce qu'ils veulent
que ces trente minutes de torture mentale
n'auront pas servi à rien.

Ces enfants sont cruels,
mais au moins, ça fait rire.
''ce n'est qu'un jeu''.
Les voisins, les gens...
Et je ne me retrouve pas... seule ?

Et puis, je vais pas frapper des enfants...
Même si j'ai mal.
Même si, pendant ce temps, j'ai envie de pleurer.
Même si je suis ridicule.

Et maintenant, mon bandage est à changer.
Mon pull est trempé.
Je vais devoir le faire sécher.
Comme si de rien n'était.
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Les étoiles brillaient un peu dans le ciel.
Des nuages cachaient légèrement la lune, qui émettait tant bien que mal une lumière blanche derrière les arbres.
Il y avait cette brise qui, lentement, effleurait la peau.
La ville n'était pas très loin, mais y aller à pied nous a pris du temps.

Les feuilles mortes craquaient sous mes pieds. L'automne avant l'heure. Il y avait les phares des voitures qui traversaient la route, les gens qui rentraient chez eux pour se coucher.

Chaque passage de ces machins à 4 roues était une tentation indirecte. J'avais l'impression de ne plus me contrôler.
Mais je me suis retenue… je ne suis ptêtre pas si folle.

Un peu plus loin, j'ai vu un chat noir.
Il avait l'air si… triste, surtout quand on l'a dépassé. J'ai gardé les yeux sur lui.

On est passés devant l'école primaire, elle était toujours aussi vide et avait cet air de prison. Près de l'arrêt de bus, toujours les mêmes. Depuis le temps, ils n'ont pas vraiment changé. La ville sentait la fumée.
Les Drogués étaient toujours là. Il y avait aussi un SDF, et la maison de la vieille dame, avec ce même sapin qui aurait dû être mort, au vu des chaleurs extrêmes de cet été.

D'ailleurs, qu'est-elle devenue ?
Sa maison a été mise en vente. Elle était bien gentille, cette dame.
Serait-elle décédée ?
Je ne sais pas pourquoi, mais cette vieille femme m'est restée en tête.

Nous avons continué notre chemin. Mon frère me parlait, sans vraiment que je l'écoute.

Moi, j'étais dans mes pensées.
Je ressentais tout et rien à la fois.
Sous les lampadaires, la lumière devenait douce, ca me rappelait un peu la forêt, de nuit.
Je restais derrière le groupe, malgré les rappels de mon père pour que je les rejoigne.

Puis j'ai parlé avec maman. Bizarrement, je m'attendais à sa question.

<<Est-ce que t'as déjà été amoureuse ? >>
<<Nan.>>

Mensonge, encore un mensonge...?
Enfin… je ne sais pas.
Et il faudrait qu'on m'explique : quelle est la différence entre l'amour et l'amitié ? Quels sont les points où ils diffèrent ?
J'en sais rien.
<< Tu me le dirais ? >>
<<Oui, bien sûr. >>

Nan mdrr, sûrement pas,d'ailleurs, pourquoi cette question ?
S'en est suivie une loooongue discussion sur l'amour, et ce genre de choses.
Plus tard j'en dirai davantage.

Honnêtement, ça m'a fait du bien de discuter avec elle.
D'habitude, c'est surtout pour me réprimander. Pour une fois, elle me parlait comme à un simple être humain.
Et pas comme à un simple pion sur l'échiquier.

Mais dans ses paroles, je voyais aussi certaines choses qui me faisaient comprendre, indirectement, qu'entre elle et papa, ça n'allait plus vraiment. Et je savais où elle voulait en venir.
J'ai peur qu'ils se séparent, mais si c'est nécessaire, il faut laisser les choses se faire.
Je ne peux pas décider à leur place…

En marchant au bord de la route, je me suis rendue compte qu'il était déjà l'heure de rentrer.
 
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Moustique_Philosophe

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12 Juin 2026
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Mes pensées tournent en boucle.
Reviennent sans cesse.
Ce monde n'est que de fer.
Ou peut-être n'en est-il que la moitié.
J'ai peur, moi.
Peur que tout s'écroule.
Peur de perdre ceux que j'aime.

D'ailleurs, je n'ai jamais vraiment détesté quelqu'un. Pas même << lui >>.
Je ne déteste personne.
J'utilise seulement << détester >>parce que je ne supporte pas.
Parce que ça me met en colère.
Parce que ça me dégoûte.
Et pourtant je prends de leurs nouvelles. Je m'inquiète pour eux.
Je suis pas une sainte, hein !
Alors là pas du tout !
Je ne suis pas martyr du monde non plus ! Je ne peux pas prétendre l'être.

Je crois que le meilleur mot serait :
déception.

Alors comment font les gens ?
Comment ressentent-ils la haine ?

Pourrais-je, un jour, goûter à ce poison sucré qui s'immisce dans nos veines,
qui s'infiltre jusque dans nos valves,
et nous conforte dans cette certitude :
celle de ne jamais avoir tort ?

C'est ça, qui est si doux dans la haine ?
Ne plus douter, ne plus chercher à comprendre.
Ne plus chercher à se demander : et si j'avais tort ?
Alors ils ont raison.Du moins, c'est ce qu'ils pensent.
Que ressentent-ils ? Ils détestent.

Mais c'est quoi, détester ?
<<Ils te détestent. >>
Ça tombe bien. Je ne m'aime pas.
Mais qu'est-ce que << détester >>?
Je n'ai rien à faire de la douleur.
Je ne suis pas maso, hein, papa.
Je ne suis pas schizo, hein, maman.

Un jour, vous me verrez...Un jour...
Je suis folle. Je suis lucide.
Je suis.
Moi.
Je suis moi. Et c'est assez.
Assez pour être aimée.
Assez pour être haïe.
Je vis.
Je meurs.
Je viens de m'en rendre compte.

Seule, dans le noir, assise sur mon lit,
condamnée à mon inlassable passion
de ne rien faire.
À regarder le plafond.
À laisser les pensées revenir.
Encore.
Encore.
Toujours.

Charly n'est pas poétique ce soir.
Elle n'est sûrement pas réaliste non plus.
Elle ne voit que du noir.
Elle n'a pas envie de relativiser.
Elle est juste triste.

Mais ça ira, hein.
Ça ira...
Demain, peut-être, ça ira.

Éclats de verre et pensées circulaires.
 
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Moustique_Philosophe

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Je viens de me rendre compte que la musique ne suffit plus. Je la mets à fond, mais je n'arrive plus à ressentir.

Et je n'ai pas envie de retourner à cette habitude malsaine : écrire sur moi, à l'encre rouge de mes veines, avec le pinceau de fer.
Je ne veux pas devenir une tache d'encre vermeil parmi tant de pions immobiles. Je ne veux pas davantage de culpabilité sur le dos.

Je leur en veux, à ces filles.
Je<<lui>>en veux.

À part ça, je ne ressens pas grand-chose.

Ah si.

Je me sens coupable.

Une culpabilité goût menthol, pour le coup.

Mais pourquoi est-ce que je ne peux pas ressentir ne serait-ce qu'une once de haine sans devoir en porter une tonne de culpabilité ?

Pourquoi est-ce que je ne peux pas simplement… détester ?
Pourquoi est-ce que je dois me poser tant de questions ?

Il y a des gens qui ressentent cette haine.
Ou simplement de la colère.
Et leur haine est si vive, lorsqu'ils l'expriment.

Pourtant, quand on regarde de près, elle semble si justifiée.

Ces gens veulent changer le monde.
Changer leur situation.
Ça peut être tout.
Ça peut être n'importe quoi.

Alors pourquoi pas moi ?

Les autres paraissent si sûrs d'eux…

Quand ils choisissent de haïr.
 
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Moustique_Philosophe

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Et puis, il y a maman, avec sa bonne humeur contagieuse. Et ce sourire radieux qu'elle affiche chaque jour.

Un sourire qui, au fond, n'est peut-être qu'une façade. On le sait tous. La société est une pièce de théâtre dans laquelle on joue dès la naissance. La société est une enclume.

Alors, souriez ! Vite. Immédiatement !

Elle est belle, ma maman. Étonnamment jeune, pour une femme dans la quarantaine.

Une femme qui s'est bien faite aux règles de cette société : souriez pour vivre, souriez pour mourir. Never a frown, always smile.

C'est ce qu'on attend de nous.

Et pourtant, son sourire contagieux m'a mis de bonne humeur. Même pour un court instant. Même un peu.
 
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Moustique_Philosophe

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Je crois que j'ai besoin de disparaître.

Tout devient pesant. Je n'arrive plus à trouver ma place nulle part. La vie de famille m'épuise, les interactions m'épuisent, et pourtant, ce n'est pas que je ne les aime pas, bien au contraire.
C'est ça le plus difficile à expliquer...
Je peux aimer profondément les gens, et malgré tout vouloir disparaître de leur champ de vision. Pas parce qu'ils ont fait quelque chose de mal, ni que mon affection a disparu.

Simplement parce qu'à force d'être avec eux, d'interagir et de ressentir, ma batterie finit par tomber à zéro.

Alors j'ai besoin d'entrer dans ma tanière. De vide. De hauteur. D'air frais. De pluie. De silence. D'une solitude choisie, surtout. D'un endroit où je n'aurais plus besoin d'être quoi que ce soit. Plus besoin d'être vue.

Disparaître, plus ou moins longtemps.
Là où le vent me mènera (probablement jusqu'à ma chambre à 3h du mat, la musique à fond dans les oreilles.)
J'aimerais être normale. Avoir une batterie plus grande et pouvoir vivre comme les autres semblent savoir le faire. Supporter les conversations, les repas de famille, les messages, les attentes, toutes ces émotions qui se croisent et s'empilent sans avoir constamment besoin de m'éloigner pour reprendre mon souffle.

Pourquoi est-ce que je fuis ?
Pourquoi ma présence devient-elle trop lourde alors que mon affection, elle, est toujours là ?
Introversion, ou juste... trop de bruit ?

J'aimerais juste pouvoir mettre le monde sur silencieux.
Ne plus être observée ou être sollicitée.
Ne plus avoir à exister pendant quelques heures, quelques jours, ptêtre davantage.

Trop.
Stop.
Respirer.
Fermer la porte.
Regarder le monde continuer sans moi.

Laisser le bruit du monde rester de l'autre côté, et revenir, quand j'aurai enfin récupéré un peu de batterie.

C'est... égoïste.

Non ?
 
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