Cher journal.
Je suis un monstre.
Ce soir, je me suis battue avec ''lui''
Il était venu dans ma chambre et avait fermé la porte en me fixant.
Cette fois, je ne me suis pas figée.
Je l'ai regardé passivement.
''il'' s'est approché.
J'ai profité de l'occasion pour lui sauter dessus.
Normalement, il aurait dû me jeter au sol. Le rapport de force était évident, mais je crois que la surprise a fait son effet. Je ne sais pas trop ce qui m'a pris.
Je ne sais même pas combien de temps on s'est battus. Je visais son visage. Lui visait mon ventre.
Le problème, c'est que je ne me défendais pas vraiment, je frappais surtout pour faire mal. Son nez saignait.
Et je ne me suis pas arrêtée.
J'ai aimé le voir souffrir.
J'ai aimé cette sensation de puissance.
Pour une fois, le sang et la souffrance n'étaient pas les miens.
Pour une fois, c'était quelqu'un d'autre qui avait mal.
Alors j'ai continué, encore et encore.
J'ai aussi reçu des coups, évidemment. Mon ventre me fait encore mal.
Finalement, mes parents nous ont séparés et réprimandés.
Et pourtant...Bon sang.
Qu'est-ce que j'étais fière !
Fière de ma connerie....
Je voulais ne plus avoir peur, je voulais que ça s'arrête, je voulais reprendre un peu de contrôle sur ma vie. Je pensais avoir gagné, avoir repris ce qu'on m'avait pris.
Ma dignité, peut-être. Quelle illusion.
J'ai perdu, pas le combat.
D'ailleurs je ne regrette pas de l'avoir frappé. Non. Après ce qu'il m'a fait, je ne peux pas prétendre le regretter.
Ce que je regrette, c'est d'avoir apprécié ça.
D'avoir aimé cette sensation de pouvoir.
Et surtout, de ne pas m'être arrêtée quand j'aurais pu le faire.
Pendant quelques temps, j'ai ressemblé aux personnes que je déteste.
Le pire dans tout ça n'est pas d'avoir frappé, mais d'avoir aimé être celle qui faisait mal....
J'ai utilisé la douleur de quelqu'un d'autre pour apaiser la mienne
Ça me dégoûte.
Je hais ces personnes.
Je me hais de leur avoir ressemblé.
Alors qu'est-ce que ça fait de moi ? J'en sais rien.
Au final, je ne suis peut-être pas mieux.