21 heures. Le tee shirt "la dolce vita ", fourré dans un tiroir à la va vite. Les objets qui s'entassent sur le bureau. Et puis, mes vêtements sur le sol, roulés en boule. Le désordre. Dans ma tête c'est pareil. Tout cogite, s'amoncelle sans fin. Mes pensées s'échouent comme les vagues sur le sable. Trop de choses en même temps. Je craque.
Mes insomnies viennent de là, tu sais. Du bruit Du bruit du silence. Ça me fait penser à cette chanson, de Simon and Garfunkel. La mélodie est belle, douce. Les notes glissent comme de l'eau. Ouais, peut être que ça pourrait m'aider à dormir. Non ?
Tu vois, c'est comme ça chez moi. Un tourbillon d'émotions. Je passe du coq à l'âne en un clin d'œil. Tu sais, le soir, j'ai peur. Peur de la suite. Peur du lendemain. Peur de ce qui va arriver. J'ai une boule au ventre perpétuelle. Des angoisses qui affluent de tous les cotés.
Et boum. Boum.
Le bruit de mon coeur qui bat. Il s'affole encore.
Et bam. Bam
Je revis mes journées, prévois des scénarios. Essaie de remodeler le passé. D'imaginer le monde avec des - et si ? - Et il est déjà minuit. Sans m'en rendre compte, les heures ont filées. Le temps, mon ennemi, est encore passé. Il s'avance, sans pitié. Ne me laisse pas le temps de courir.
Trop tard.
Les années ont défilées. J'ai 13 ans bientôt. Les années précédentes étaient hier. Trop rapide. Le monde est trop rapide pour moi. Les heures se sont transformées en minutes, et celles ci en secondes.
Je ne veux pas. Ça va trop vite. Non ! Laisse moi en gamine rêveuse, ramène moi en arrière. S'il te plait. Je grandis trop vite. La fillette est partie, laissant après elle, une ado paumée. Une adolescente qui ne sait plus quoi faire. Pourtant, elle cherche, hein. Elle cherche des solutions. Tente de recoller les morceaux, avec la colle des souvenirs.
Le temps laisse son empreinte éternelle sur chaque chose. Puis il continue sa route, sans un regard en arrière. Tiens, peut être que je devrais faire pareil. Lâcher prise, sans se soucier des conséquences.