J-8
Aujourd’hui je n’ai pas l’âme poète, seul mon coeur parlera. Et cette lettre, c’est à toi qu’elle est adressée Papa… puis-je encore t’appeler ainsi ? Je ne le sais plus moi même. Chaque fois que je lis dans ton regard, j’ai l’impression d’être toisée. Ta pire déception, ta plus douce malédiction, ton fardeau et un semblant de rien sur lequel tu fermes les yeux chaque matin… lorsque je te croise et que tu te tiens devant moi, je crois voir un étranger. Je ne veux pas te parler, même lorsque je vois que tu es de meilleure humeur, tout simplement car à tout moment, je le sais, tu retourneras à ton premier malheur. Ta rage reprendras charges…
Tu entraîneras alors avec toi mes joies, mes bonheurs et un morceau de mon âme rêveuse, déjà brisée par tes émois.
J’en ai tellement marre. Si ton but premier était de te ficher de moi, pourquoi donc viens-tu abattre ta colère sur moi désormais ?
Aujourd'hui pourtant, tu n'as presque rien dit. Aucun éclat de voix, presque aucun reproche, je t’en félicite. Seulement un regard. Mais parfois, un regard suffit…
Oh tu as fait bien pire par le passé. Seulement voilà ça ne m’en a pas moins blessé.
Tu m’as simplement scruté et tu as vu, entre deux battements d’ailes de papillon, un semblant de maquillage restant du bal. Tu as alors froncé le nez…
"Enlève ça tu ressembles à un clown. Belle ? Non. On dirait une alcoolique. Enlève moi cette peinture"
Je n’aime pas me maquiller car je porte le masque d’un radieux sourire chaque jour.
J’ai voulu essayé car mon amie m’a convaincue durant un bref instant que j’étais belle.
Plus jamais…
Plus jamais je ne me croirai belle