9/08/26
Chère moi du futur,
Celle qui sera, je l'espère, un peu plus mature.
Et mûre.
Ptêtre dans 10 ans, ptêtre dans 40, je n'en sais rien.
Tu liras peut-être cette lettre. Peut-être. En tout cas, je n'espère guère que tu puisses la lire.
Et ouais, je fais partie de ceux qui souhaitent ta mort.
Tu sais, ton amie, Ney ?
Elle n'a pas vu à quel point t'es lâche.
Moi je l'ai vu. Je m'en veux.
Je me suis laissée piétiner, une fois de plus. Jsuis ptêtre faite pour ça.
Et pour tout te dire, j'ai très mal.
Mal physiquement.
Mal moralement.
Un peu comme ce papillon de nuit, abandonné sous la pluie, sans abri.
Ses ailes trempées, incapables de le porter plus loin.
Il reste là, minuscule, presque invisible, à attendre que la pluie cesse, alors qu'il ne sait même pas si elle cessera un jour.
J'ai mal et j'ai envie de le crier.
J'ai mal à en crever. J'ai pris un antidouleur, ça devrait passer… Enfin. J'espère.
J'ai peur de le dire à mes parents.
J'ai peur des représailles si ça ne mène à rien.
J'ai peur de sortir avec la certitude que tout recommencera.
J'ai surtout peur d'être traitée de faible.
Mais je le mérite clairement.
Ouais
Je suis immature.
Ça aussi je le sais.
Après bataille, j'ai fait les comptes.
Un bleu dans le bas dos, ptêtre à cause du coup de pieds de je ne sais plus qui.
Un sur le front.
Un sur le tibia, et sur la cuisse.
Quelques griffures.
Le nez qui me fait toujours aussi mal.
Et pleins d'autres trucs.
Mais j'ai évité l'oeil au beurre noir. C'est déjà une bonne chose.
Manière bizzare de compter les victoires.
Comme je le dis : si trois contre une (parce que la ''emma'' et l'autre idiote de K n'étaient pas là) ce n'est pas possible, je n'aurai jamais pu me défendre contre les cinq.
Ou peut-être que si.
Peut-être que c'est simplement parce que j'ai été prise au dépourvu.
Peut-être que je me cherche encore une excuse pour expliquer pourquoi je n'ai pas réussi à me défendre.
Alors que la réponse est si évidente.
J'allais te demander pourquoi elles étaient si cruelles, mais à vrai dire, je connais la raison.
Je suis moi. Je suis toi. C'est tout simple. C'est une raison suffisante.
Alors, comme une lâche, j'ai tracé trois putains de traits, encore. Et ton bras a pleuré une rivière pourpre, avant de devenir sèche, silencieuse.
Et maintenant, je regarde ce silence en me demandant combien de temps je le reverrais.
Combien de temps avant que ça ne s'arrête ?
Vais-je survivre ?
J'espère que tu ne pourras pas me répondre.
Mais en même temps j'aimerais bien connaître ton avis.
Tu penseras sûrement de moi la même chose que tout le monde.
Que j'étais faible. Lâche. Chiante. Froide.
Le dernier point est certain.
Froide et détachée.
J'espère que tu me le pardonneras.
Adieu, à bientôt, au revoir ?
Ta toute jeune version de toi.