Pioésies

Piò

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29 Juin 2024
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Ici seront consignés les feuillets volants que je ne souhaite pas égarer.
22/07/2024 - Le Jardin du silence
20/07/2024 - Acier trempé
11/09/2015 - Lune exsangue

Le Jardin du silence

Dis-moi que tu
N'a jamais entendu
Cette histoire auparavant ?

J'ai perdu ma vie
Dans un solitaire
Jardin de vie.

D'une beauté infinie,
Fréquenté des revenants,
Hanté des passants.

Ses fleurs pour les morts
s'effacent dès lors
Que nous respirons

Précautionneusement.
Ne fais pas un bruit,
Mon aimé m'a menti.

Les arbres bruissent le soir,
Le vent chuchotant
conte l'histoire

D'une jeune fille aux yeux de miel
Qui vola la vie d'un oiseau,
Doux bras se refermant sur son ciel,

Feuilles d'un automne mort.
Ce son authentique,
Pur, gracieux, sort

D'une clochette d'argent
Qui danse, lancée au vent,
Dans la forêt pluvieuse.

Alors que les écureuils guettent
le bruit sec de tes pas,
Tu n'en fais qu'à ta tête.

Chevilles tordues, malmenées
dansent sous la poudre soulevée
Qu'un mince rayon solaire

Timidement éclaire,
Cette poussière chutant des cieux
de nos aînés miséricordieux.

Acier trempé

Avez-vous vues
Les flammes
De mon âme
Lorsqu'une

Enfant de douleur,
Fière, venimeuse,
Ravissante guerrière
S'est présentée à moi.

Déchirant mon cœur
Le lendemain d'un
Très mauvais
Choix, j'en ai peur.

Entendez-vous ?
Mes silencieuses prières
Se répercutent
Sur la surface

D'un immortel
Lac, ses
Eaux glacées
M'étreignent.

Alors qu'un ruban
Se déroule,
Me lie à lui,
Se cramponne à ma poitrine,

Froidement m'entraîne au plus profond,
Crachotant tout du long,
Mes poumons ne sont qu'un vaisseau
Pour mon maigre souffle.

Car la noirceur
Déjà repose paisiblement,
Se baignant au-dedans
De ma cage thoracique.

Juste comme les corps
De mes nombreuses espérances
Flottants par-dessus de moi,
Ô lac de mes chagrins.

Lune exsangue

Est-ce pour longtemps encore
Que je m'asseye ici pour pleurer ?
Est-ce pour longtemps encore
Que le soleil va continuer de saigner ?

Et le ciel est empli
Par ma voix
Par mes cris
Sur les toits.

Un bref hurlement,
Gorge déchirée.
Plus une goutte de sang,
Veines asséchées.

Assis dans ton rayonnement,
Pauvre Lune des mistoufles,
Je voudrais présentement
Qu'un hibou emportât mon souffle.

Cette main égoïste, chair creuse,
Retient les blanches perles
D'une mémoire précieuse
Recueillie auprès d'un merle.

Est-ce pour longtemps encore ?
L'aube rayonne, tant espérée.
Je n'aurai rien à craindre dès lors.
Ma main effeuille des pétales séchés.

Et toutes leurs voix ensemble clament
Et me nomment, sans cesse moi,
Car je confonds celles qui me damnent
Pour celles paisibles d'autrefois.

Dans les catacombes de mon coeur
Le froid qui se rapproche lentement
Sur moi tout entier passe et se meurt,
Givre d'abord, et fond entièrement.

Les glaces qui m'entourent
Ne dégèleront pas.
En mon esprit, je cours
Chute tout en bas.

L'âcre fumée
Ne m'éveillera pas.
Ces mains énervées
Me maintiendront là.

Lumières matines,
Mes yeux s'abaissent,
Une pensée se termine
Un enfant s'affaisse.

N'entend-il point
"Viens et joue donc" ?
Est-ce au moins
une natte de jonc ?

Laisse là tes jouets,
ravale un sulfureux flot de bile
Qui, tel un coup de fouet,
dompte l'enfant indocile.
 
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