03/07/2026
Ton [amer, rageur]
Distance d'observation [nulle]
*J est mon petit frère. D est un de mes cons de grands frères*
Ce soir... enfin, ce matin, j'ai l'impression que tout m'échappe. Comme si le sol se dérobait lentement sous mes pieds, sans que je puisse retrouver l'équilibre.
Ma famille : plus rien ne va.
Mes études : plus rien ne va non plus.
Et le pire, c'est que c'étaient les deux seuls domaines sur lesquels j'avais encore l'illusion d'avoir un peu de contrôle.
Je suis fatiguée. Fatiguée de devoir gérer des disputes qui ne sont même pas les miennes. J'ai déjà assez de choses à porter sans devoir ramasser les morceaux des autres.
D est parti. Sans un au revoir.
Étrangement, son départ ne me fait pas tant de mal. C'est presque un soulagement. Mais j'ai mal pour J.
Deux fois.
Deux fois que D disparaît sans un mot, comme si ceux qu'il laisse derrière lui n'existaient plus. Comme d'habitude, on nous abandonne comme de la merde. Et c'est presque drôle : même les crottes de chien, quand les gens ont un minimum de civisme, on les ramasse.
Alors oui, j'ai envie de vengeance.
Je sais pourtant que la vengeance n'efface rien. Que la violence ne construit rien. Je le sais. Mais il y a des jours où cette vérité pèse moins lourd que la colère.
Et puis il y a ses discours...
"Ma mère, elle, au moins, elle m'écoute. J'ai dix-huit ans, je fais ce que je veux."
Très bien.
Alors fais ce que tu veux. Personne ne t'en empêche. Va-t'en.
Mais arrête de raconter que le monde entier est responsable de tes échecs.
Qu'a-t-elle fait pour toi, au juste, ton incroyable mère ? À part te laisser t'enfoncer en te répétant que tout irait bien ?
Papa, lui, t'a dit ce qu'il fallait faire. Il a essayé de t'aider. Tu ne l'as pas écouté, parce qu'il est tellement plus agréable d'entendre qu'il suffit de croire en ses rêves.
Sauf que les rêves ne remplacent pas le travail.
On ne devient pas ingénieur avec un niveau de CM2. C'est cruel à dire, mais c'est la réalité.
Aujourd'hui, tu te retrouves face aux conséquences de tes propres choix.
Ne cherche pas un coupable.
Le seul responsable, c'est toi.
Et ton ego est devenu si immense que tu n'as même pas été capable de souhaiter un joyeux anniversaire à ton propre père.
Quel gâchis.
...
Bon.
Il faudrait peut-être que je me calme.
Les études, maintenant.
La dernière fois, c'était un 11.
Aujourd'hui, c'est un 9 sur 20 en histoire.
Ça m'agace.
J'ai travaillé. J'ai vraiment essayé. Mais l'histoire de France, ce n'est pas mon histoire. Ce n'est même pas mon pays.
Ma moyenne va prendre un coup.
Au moins, je pourrai me dire que je n'ai pas abandonné avant d'avoir essayé.
...
Autre chose.
Pourquoi est-ce qu'on me dit toujours que je suis froide ?
Je ne crois pas l'être.
Et je ne suis pas en colère tout le temps.
C'est juste que certaines blessures apprennent à parler avec moins de chaleur et plus de silence.
...
Au fait.
Joyeux anniversaire, Papa
J'espère qu'un jour tu réaliseras que, malgré nos disputes, malgré mes maladresses et tout ce que je ne sais pas dire, tu as toujours compté pour moi.