Imaginons un patient de 14 ans qui vient demander de l'aide à son médecin en lui disant qu'il a mal au genou. Le médecin demande si le patient a mal à d'autres endroits et s'il s'est passé quelque chose récemment. Le patient répond non à ces deux questions, ah si peut-être qu'il a marché plus que d'habitude hier et que c'est pour ça qu'il a mal. Le médecin ne pourra penser qu'à un manque d'exercice général ou une activité trop intense d'un coup pour ce à quoi le patient est habitué. Allez, petit doliprane et du repos puis reprise d'une activité régulière pour habituer son corps à ce genre d'exercices. Le patient repart avec un doliprane alors qu'il aurait fallu peut-être alerter les services sociaux. Ce qu'il s'est passé hier en réalité c'est que le patient a été battu par son père, et qu'il a été puni à devoir rester à genoux sur le carrelage et les mains derrière la tête pendant 4 heures. Est-ce que le doliprane va régler les douleurs ? Peut-être. Mais est-ce que ça va régler les causes de la douleur ? Non. Il aura mal à nouveau, un jour ou l'autre et sûrement plus vite que prévu.
Avoir une "phobie" de parler, de soi en particulier, c'est comme mentir à son médecin quand on a une douleur, on empêche quiconque de pouvoir nous conseiller clairement. Conseiller clairement ça veut dire prendre en considération la vie personnelle, les sentiments, l'état d'esprit, l'état de santé, les inquiétudes et les envies,... Tout ce qui compose une personne et son histoire, pour pouvoir l'amener vers la meilleure route possible.
S'exprimer, parler de soi, parler de ses sentiments, c'est donner à quelqu'un de confiance tous les outils, tout ce dont il a besoin, pour déterminer ce qu'il y a de mieux pour nous.
Ce que tu as à dire, ce que tu vis, c'est comme des preuves dans une enquête, si quelqu'un les cache ou les ignore, l'enquête n'aboutira jamais ou ira dans la mauvaise direction.
Si tu as des besoins, exprime les à la meilleure personne possible, c'est-à-dire un médecin. Personne ici n'est invité à te conseiller d'autres médicaments. Nous ne connaissons rien de toi et ne pouvons savoir ce qu'il y a de mieux pour toi (nous ne sommes pas médecins non plus d'ailleurs). Il n'y a qu'un médecin et ta coopération dans le dialogue qui permettra de trouver une solution adaptée à toi.
C'est comme en amitié et en amour, personne ne va pouvoir lire tes pensées. Alors si tu veux que les autres agissent d'une manière appropriée, respectueuse et la plus aimante possible envers toi, il va peut-être falloir sortir au dehors ce qu'il y a au dedans.
Bon courage !